L'Atlas Transmanche/Cross Channel Atlas est une collaboration scientifique franco-britannique engageant des équipes universitaires et CNRS, des services d'Études INSEE ou du Ministère de l'Équipement côté français et des équipes universitaires côté anglais. La collaboration a un double objectif, l'un de recherche fondamentale qui est d'améliorer la connaissance sur les dynamiques d'une zone transfrontalière d'intégration européenne forte entre deux États d'importance la Grande-Bretagne et la France, l'autre d'efficacité économique et sociale qui est de fournir des éléments de définition de politiques d'emploi et d'aménagement du territoire.
L'Atlas Transmanche couvre le sud de l'Angleterre et le Nord-Ouest de la France. Il présente des analyses sous des angles multiples pour ces territoires à la fois proches et concurrents. Découvrir, permettre un diagnostic, comparer, sont les principaux objectifs de l'Atlas Transmanche qui comprend cartes, textes, photos, tableaux et graphiques.
Il est systématiquement rédigé dans les deux langues : Français et Anglais.
Il est accompagné d'une banque de données couvrant les 15 000 unités géographiques de base (communes et wards) de la zone Transmanche.
La collaboration franco-britannique est née d'une expérience confirmée en matière d'atlas. Les animateurs de l'Atlas Transmanche sont à University of Portsmouth ( Louis Shurmer-Smith), au CRESO-CNRS URA 915 Université de Caen ( Pascal Buléon) et à INSEE Haute-Normandie (Philippe Clairet). La collaboration engage, au-delà de ce noyau d'animation, des chercheurs ou équipes dans les universités de Rennes, Brest, Nantes, Le Mans, Rouen, Le Havre, Lille ainsi que dans chaque université du Sud anglais. La collaboration fonctionne en réseau, rassemblant au total plus de cinquante chercheurs.
À compter de 1996, la Direction des Affaires Economiques et Internationales (DAEI) du Ministère de l'Equipement participe à la collaboration Atlas Transmanche. La question des transports constituera le premier et l'un de ses principaux axes d'intervention. L'Atlas Transmanche est tout à la fois un cadre de recherche, une production éditoriale disponible sur papier et réseau informatique, et un vaste système d'information géographique (banque de données localisées).
Un prototype d'une version informatisée accessible sur le réseau internet a été mise au point. La collaboration prépare un outil de technologie avancée permettant une consultation à divers degrés de spécialisation ainsi qu'une interactivité. Il comprend des cartes à la fois synthétiques et détaillées, avec un commentaire, qui peut être en même temps d'accès rapide et permettre une analyse approfondie. Cette forme a reçu un accueil favorable dès le N° 0 . L'ensemble de la production de la collaboration scientifique franco-britannique est multi-thématique et aborde des questions très larges aux implications fortes : des liens transnationaux, de l'évolution des villes et des zones rurales, de l'environnement et de ses politiques, aux transports et aux prospectives des régions.
Une réponse scientifique et opérationnelle aux besoins des acteurs locaux, nationaux et internationaux :
L'ouverture des frontières, l'évolution des axes de transports, le constat de changements de comportements des entreprises, des organisations politiques ou administratives, et des individus, contribuent à un accroissement des liens entre les deux rives de la Manche. L'objectif de l'Atlas Transmanche est de mettre à disposition un outil de diagnostic, à la fois simple et précis, accompagné de l'information la plus actuelle possible, élaboré par des scientifiques et des experts dans tous les domaines abordés.
Fournir un diagnostic sur quoi ? sur les structures et l'évolution économiques et sociales des territoires qui bordent la Manche, c'est-à-dire les régions sud-ouest et sud-est de l'Angleterre (17 comtés), les cinq régions françaises qui disposent d'une ouverture maritime sur la Manche, la Bretagne, la Basse-Normandie, la Haute-Normandie, la Picardie et le Nord - Pas de Calais, avec une extension pour certains thèmes à quelques départements d'autres régions mitoyennes (Pays de la Loire) et à la côte belge. Les métropoles, Paris et Londres, ne seront prises en compte que pour leur influence sur les territoires concernés.
Les régions sont analysées dans le contexte européen. Les agglomérations, les littoraux, le tissu rural seront autant d'échelles privilégiées tour à tour, pour combiner des approches macro et micro. Les villes, notamment les principales agglomérations qui tissent des liens entre elles, les "Travel to work Areas" (TWA'S) en Angleterre et les "Zones d'emploi" en France, font l'objet d'analyses spécifiques.
Des informations à ces échelles n'existent pas de façon homogène aujourd'hui, les institutions qui se sont efforcées de les rassembler, notamment pour la constitution de dossiers auprès de la Communauté Européenne, en ont fait l'expérience. La coopération franco-britannique répond à ce besoin.
Pascal Buléon, CNRS-UMR 6590 Espaces Géographiques et Sociétés,
Université de Caen Basse-Normandie