Atlas Transmanche
Auteurs : Pascal Buléon, Louis Shurmer-Smith

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 © Atlas Transmanche Espace Manche, 2015 - Source : NASA EOSDIS Worldview

 

Deux éclats blancs de 0,2 seconde séparés par deux intervalles d’obscurité de 2,3 et 7,3 secondes, c’est ainsi aujourd’hui que l’homme de veille à la passerelle des navires arrivant du monde entier aperçoit le signal d’entrée, celui du phare de Creac’h, Ouessant. Après, les navires « s’emmanchent » … selon l’expression imagée du XVIIe. Ils quittent la longue houle d’Atlantique pour une mer hachée aux vagues courtes, dures, que les monstres puissamment motorisés d’aujourd’hui ne craignent plus comme les navires des vingt siècles précédents ont pu le faire. L’ouverture sur l’Atlantique est large du Cap Lizard, pointe sud-ouest de l’Angleterre à Ouessant… mais pavée de dangers. Les cinq phares autour d’Ouessant, poste avancé de Bretagne, et les trois des Scilly sont autant d’alertes. Le passage se rétrécit une première fois entre la presqu’île du Cotentin et l’île de Wight, distantes de 100 kilomètres, et va se resserrant encore, avec une profondeur de soixante à trente mètres, jusqu’au détroit du pas de Calais où seulement 30 kilomètres encore semés de hauts-fonds séparent les hauteurs des falaises blanches de Calais de celles quasi identiques de Douvres.

Le monde arrive en Europe par cette mer, un navire de plus de 300 tonnes entre et sort de la Manche toutes les trois minutes. D’Amérique, d’Afrique et plus encore d’Asie, ils convergent ou repartent, chargés de marchandises de toutes natures. La Manche est aujourd’hui la mer la plus fréquentée du globe, devant le détroit de Malacca qui sépare Singapour et la Malaisie de l’Indonésie. Un quart du commerce mondial y transite. 


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