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Des îles en nombre
Auteurs : Pascal Buléon, Louis Shurmer-Smith

 

Pour le marin, les îles sont des vigies qui annoncent la terre. C'est précisément le cas de celles de la Manche. Face à la longue houle de l'Atlantique battue par les vents d'Ouest qui rencontrent leurs premiers obstacles, Ouessant au Sud et l'archipel des Scilly au Nord marquent la route maritime des milliers de bateaux à destination des ports de l'Europe du Nord. Britanniques et Français restent très fortement attachés à ces îles et îlots, chargés d'une longue histoire.

Ce qui frappe lorsque l'on met en perspective les deux rives de la Manche, c'est l'étonnant foisonnement des îles armoricaines, comparé à la relative rareté des îles Britanniques. Ce trait majeur, lié à la structure géologique, doit être mis en parallèle avec la taille des îles. Les îles britanniques forment de petits continents fortement peuplés, comme l'île de Wight ou Jersey et Guernesey, tandis que les îles françaises faiblement occupées s'apparentent davantage à une guirlande de confettis, épousant les contours de la ligne de rivage continentale, de l'archipel de Molène, aux Sept-Îles et aux îles Chausey.

 

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Cependant, quelles que soient leur taille et leur population, les îles de la Manche possèdent de nombreux points communs. Le premier est lié au tourisme, moteur principal d'une économie de moins en moins dépendante des activités traditionnelles, comme la pêche et l'agriculture qui furent par le passé prépondérantes mais qui aujourd'hui se maintiennent difficilement. Le second, c'est la qualité de leur environnement naturel et de leurs paysages à l'origine de multiples classements et statuts de protections… mais aussi du formidable attrait qu'elles exercent sur les visiteurs aujourd'hui, qu'il s'agisse des excursionnistes d'un jour à la recherche de dépaysement ou des séjournants goûtant les charmes de l'insularité.

Toutes ces îles, celles du large comme celles accessibles à basse mer par les estrans, sont devenues en quelques décennies des destinations très prisées. Cette manne touristique engendre des problèmes, parfois des conflits. On pense à la délicate question de la ressource en eau, ou de la gestion des déchets mais surtout à la forte emprise des résidences secondaires à l'origine de l'emballement du prix du foncier bâti et non bâti, devenu inaccessible aux jeunes ménages insulaires. Vivre sur une île deviendrait-il un luxe ?


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